Saison des pluies : et si les caniveaux étaient l’une des causes des inondations à Port-Bouët Gonzague ?





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Ici les caniveaux sont inexistants au point que ordures et herbes se disputent l’espace



La saison des pluies, débutée depuis février, est un véritable calvaire pour les habitants de la commune de Port-Bouët, en particulier ceux des sous-quartiers Gonzagueville, Adjouffou et Jean Folly.

« Depuis mai, j'ai dû quitter ma maison pour aller vivre chez ma fille, car ma propre maison est inondée », raconte Dame Akokor, Togolaise âgée de plus de cinquante ans, propriétaire d'un débit de boisson frelatée. Sa résidence, située sur la terre rouge près de l'église Pentecôte, est entièrement submergée. Même sa chambre à coucher n'a pas été épargnée, l'eau sortant littéralement du sol. À bout de patience, elle a dû entasser ses effets personnels sur des tables avant de rejoindre sa fille qui vit dans des conditions bien meilleures.

Comme elle, de nombreux habitants des quartiers mentionnés ci-avant font face à la même situation. Chaque année, ils abandonnent leurs maisons pendant la saison des pluies pour vivre temporairement chez des proches, ne revenant qu'après la cessation des pluies diluviennes.

Dans le sous-quartier connu sous le nom de « Quartier Éléphant », la situation est encore plus critique. L'eau peut monter jusqu'au niveau des hanches. Les habitants sortent et rentrent chez eux seulement lorsque nécessaire. Sékou Koffi, résident de ce sous-quartier, témoigne : « Ici, c'est comme ça. Souvent, l'eau monte jusqu'aux cuisses. Certains sont obligés de quitter le quartier, mais pour nous qui n'avons personne, nous nous débrouillons comme nous le pouvons ».

Quant aux raisons de ces inondations exacerbées, notre interlocuteur explique que le sol de ce quartier, après l'extraction du sable pour les constructions, est principalement composé de terre noire qui ne permet pas une bonne infiltration de l'eau.

En pareilles circonstances, les habitants font preuve d'une grande ingéniosité. Des ponts de fortune sont construits pour se déplacer d'un endroit à un autre, parfois même à l'intérieur des chambres où ils font office de lits.

Pour ce qui est des causes des inondations, certains pointent du doigt le problème des canalisations. À Adjouffou et Jean Folly, par exemple, il n'y a pas de caniveaux adéquats, ce qui fait que lorsqu'il pleut, l'eau s'écoule librement ou stagne sur la voie publique.

Dans les quartiers où des caniveaux existent, ils sont souvent trop étroits et peu profonds, parfois comparés à de simples gouttières. Avec les fortes pluies, ils sont incapables de contenir le ruissellement, provoquant des débordements qui inondent les cours. Cette situation est aggravée par l'incivisme de certains riverains qui obstruent les caniveaux avec des déchets, entravant ainsi l'écoulement normal de l'eau. De plus, ces caniveaux restent souvent découverts au lieu d'être équipés de dalles.

Face à ce tableau sombre, la municipalité tente de minimiser les souffrances en déployant chaque jour des agents pour déboucher les caniveaux. Cependant, cette tâche s'apparente au mythe de Sisyphe, car les détritus non ramassés retombent dans les canalisations, répétant ainsi le même cycle.

Lambert KOUAME

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