Couverture maladie universelle : ça marche ou ça ne marche ?





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La Couverture maladie universelle (CMU) a pour objectif de garantir à l’ensemble des populations résidant en Côte d’Ivoire, l’accès à des soins de santé de qualité à moindre coût. Une nouvelle accueillie avec beaucoup de joie par les populations. Malgré les discours rassurants des autorités et des responsables de Caisse nationale de l’assurance-maladie (CNAM), certaines populations ont fini par déchanter. Tant ces dernières rencontrent de nombreuses difficultés avec leurs cartes d’assurés. Et les déboires des uns sont devenus des motifs d’hésitation pour les autres. On ne se bouscule donc plus pour se faire enrôler. À tort ou à raison. Mais pour comprendre, penchons-nous sur des témoignages d’utilisateurs de la CMU.

"La carte CMU, à part recevoir la boîte de 50 cache-nez par mois, à quoi sert-elle ? Je suis parti en consultation dans un centre de santé communautaire, un hôpital public donc, mais la présentation de ma carte CMU n’a servi à rien. Pas de réduction ni pour les frais de consultation ni pour ceux des examens de sang", témoigne un internaute dont l’intervention nous a emmené à y voir de plus près. Et dans nos recherches, il y a des révélations qui contribuent à décourager davantage, les sceptiques.
Un autre usager de cette couverture maladie ajoute : "Il n'y a pas de médicaments dans les hôpitaux. J'ai fait deux jours avec le bon CMU avant d'avoir Athemeter à la pharmacie. CMU, pardon, le service est encore précaire. À l'hôpital, les examens étaient moins chers, mais le problème, ce sont les médicaments".
Un fonctionnaire a démontré que la machine n’est toujours pas bien huilée : "Comment peut-on dire à quelqu’un qui est prélevé à la source (sur le salaire) qu’il n’est pas à jour de ces cotisations", s’interroge-t-il.
Autre fait. Des agents de santé qui ont une tout autre attitude dès la présentation de la carte CMU. Témoignage publié sur bongconnexion : "L'Assurance Maladie Universelle, pensée depuis le temps d'Houphouët-Boigny et mis en œuvre par le président Alassane Ouattara, devrait soulager toute la population de la Côte d'Ivoire. Mais hélas, oui, hélas, à Bongouanou, la CMU qui devrait soulager les malades, est, elle-même gravement malade.
En effet, quand tu es malade et que tu te rends à l'hôpital général de Bongouanou, et que malheur pour toi, tu présentes une carte CMU, c'est comme si tu as insulté le papa de l'infirmier ou de la sage-femme. Ils s'énervent contre toi comme si c'est leur salaire qu'on va prendre pour payer la part de l'assurance. Ils sont allergiques à la CMU parce qu'elle les empêche de soutirer de l'argent avec le malade en lui vendant leurs propres médicaments. Vivement, qu'un comité de suivi soit mis en place comme promis par le préfet hors hiérarchie Mme Diaby lors de son passage à Bongouanou pour les assises de la CMU. En somme, à Bongouanou, la CMU est combattue par le corps médical à l'hôpital général".
Après tous ces témoignages, deux constats se dégagent. Le premier, c’est l'indisponibilité des médicaments dans les hôpitaux et pharmacies. Les détenteurs de cartes CMU, en l’absence de médicaments ou après avoir parcouru plusieurs pharmacies pour s’en procurer, se résignent à les acheter au prix réel, sans ticket modérateur (30 %). Dans ce cas, ces derniers s’interrogent : pourquoi nous prélève-t-on ?
Le deuxième constat, c’est la mise à disposition des cartes CMU aux populations. À ce niveau, l’opérateur chargé de la confection des cartes accuse un retard dans la délivrance. Pourtant, pour certains, c’est le prélèvement à la source. Pourquoi donc les prélever quand ils n’ont pas de cartes. Et l’intervention d’une personne qui en a fait les frais résume bien la situation : " Vous convenez avec moi que le manque de médicaments est plus décrié par la population. Aussi, la production des cartes est l'un des maillons très faible du système ainsi que le rapprochement des agents enrôleurs de la population".
Au total, il ressort que la mayonnaise n’a pas encore pris. Les différents compartiments de la chaîne ont encore du mal à coordonner leurs actions. Et ce sont les populations qui prennent les pots cassés. Vivement que tout rentre dans l’ordre pour que la machine atteigne sa vitesse de croisière pour le bien des populations. Car, ne l’oublions pas, la CMU est l’un des projets phares du programme du président de la République. Son échec serait mal vu.

Modeste KONÉ

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