Leçon de fidélité







L’un des grands enseignements à tirer du procès en cours au tribunal criminel d’Abidjan, c’est la fidélité que montrent les co-accusés de Guillaume Soro envers leur leader.

Face aux juges, la quasi-totalité des prévenus déjà interrogés ont juré fidélité à l’ancien président de l’Assemblée nationale jusqu’au bout. De son directeur de protocole Koné Kamaraté Souleymane dit Soul To Soul, à son conseiller, l’ancien ministre et député Alain Lobognon, en passant par ses frères Simon et Rigobert, sans oublier les militaires affectés à sa garde, toutes ces personnes ont refusé de renier le leader de GPS et de se désolidariser de lui. Bien au contraire, certains ont tenu à le blanchir totalement de faits graves qui lui sont imputés. C’est ce qu’on fait par exemple les sergent-chef Fofana, Kouakou Konan, Kamagaté Adama, Dosso Seydou. La main sur le cœur, ils ont affirmé devant la Cour que celui dont ils étaient chargés de la protection ignorait la présence d’armes à l’annexe du bâtiment qui servait de quartier général à GPS à Cocody-Riviera-Golf. Leur chef, le commandant Kassé Jean-Baptiste, a expliqué aux juges que ces armes proviennent de la dotation de la garde rapprochée de Soro depuis 2007, lorsqu’il était ministre d’Etat chargé de la reconstruction. Cette dotation, précise-t-il, avait été faite par Diomandé Vagondo, actuel ministre de l’Intérieur. L’officier de la Garde Républicaine a réfuté toute thèse de déstabilisation préparée par l’ancien Premier ministre. S’il a reconnu avoir donné l’ordre à ses éléments d’aller jeter ces fusils et munitions dans la lagune à Assinie en décembre 2019, il dit l’avoir fait uniquement pour éviter que cette cargaison ne tombe entre les mains de personnes qui l’auraient utilisée à des fins négatives à la suite des troubles survenus au QG de GPS le 23 décembre 2019.

La loyauté et la fidélité marquées par ces prévenus à l’endroit de Guillaume Soro viennent détruire toute la campagne de diabolisation de l’ancien chef du Parlement ivoirien que des détracteurs veulent faire passer pour un monstre infréquentable, un homme seul.

Ses co-accusés lui réitèrent publiquement et fièrement leur attachement malgré tout le supplice qu’ils subissent. Ne l’oublions pas, ils sont privés de liberté depuis bientôt deux ans. Certains ont été torturés pour leur tirer des aveux. En prenant la parole au sein du prétoire, ces prisonniers savent qu’après chaque audience, ils seront reconduits dans leurs cellules. Ils n’excluent pas également qu’à l’issue de ce procès politique, malgré l’absence de preuve convaincante pouvant certifier la véracité des accusations portées contre eux, les juges peuvent être amenés à leur trouver une culpabilité. Malgré toute cette épreuve qui leur est imposée dans l’unique but de les pousser à tourner le dos à leur leader lui-même contraint à l’exil, ils restent droits dans leurs souliers.

Ce constat de fidélité vaut également pour les compagnons de Guillaume Soro l’ayant suivi dans cet exil. Visés pour certains par des poursuites judiciaires, ils sont privés depuis deux ans de l’affection de leurs familles restées au pays. Cependant, avec conviction, ils renouvellent chaque jour leur détermination à accompagner leur mentor jusqu’au bout de sa lutte. Car, ils savent que son   seul ‘’crime’’ commis est manifestement d’avoir refusé d’adhérer au Rhdp, et d’avoir décidé de briguer la magistrature suprême de son pays. Alors, malgré leurs douleurs, ils refusent de sauter du navire en pleine tempête comme l’ont fait certains de leurs anciens camarades.

Cissé Sindou

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