Il ne changera pas







 

Laurent Gbagbo est revenu au pays le 17 juin. Certains médias occidentaux qui ont des correspondants à Abidjan ont quand même dépêché des envoyés spéciaux sur les bords de la lagune Ebrié pour assister au séisme annoncé. Hélas, ils ont été surpris de constater que rien n’a changé dans le pays d’Alassane Ouattara. N’ayant rien à se mettre sous la dent, les envoyés spéciaux se sont juste baladés dans les rues abidjanaises pour constater que tout baigne, que le train arrive à l’heure.  Les multiples provocations de Gbagbo et ses «Gor» n’ont pas produit les résultats escomptés. Le régime Ouattara a refusé de jouer leur jeu qui aurait créé le désordre escompté. Fidèles à leur tradition de boulangers, Gbagbo et compagnie ont remis en cause tous les accords issus des discussions avec le gouvernement. D’abord et avant tout, ils annoncent de façon unilatérale la date du retour alors que les discussions étaient en cours afin de caler tous les détails. Là où ils s’attendaient à une opposition du gouvernement, celui-ci a juste pris acte. Le gouvernement a ensuite mis à leur disposition un avion et le protocole d’Etat qu’ils ont refusés. Ils ont accepté de passer par le pavillon présidentiel mais à la dernière minute, ils ont changé de décision à partir de fallacieux prétextes. Pendant les discussions, l’Etat a autorisé 150 personnes dans le pavillon présidentiel. Mais, pour ruser, le Fpi a remis des badges à plusieurs centaines de personnes. Plusieurs militants de la refondation avaient des badges de journalistes alors qu’ils n’avaient aucun lien avec le secteur des médias. Il a fallu l’énergique réaction des forces de l’ordre pour éviter que les Gor n’envahissent la plateforme aéroportuaire de Port-Bouët. Pour ameuter leurs militants et semer la zizanie, Koné Katinan, porte-parole de Gbagbo, a osé dire sur les médias que la vie de l’ancien Président était menacée par les tirs  de gaz lacrymogène ! Quelle inconséquence !

Le plus scandaleux, c’est l’itinéraire du cortège qu’ils n’ont pas validé avec les autorités policières. Gbagbo et compagnie ont soigneusement évité de passer sur le troisième pont et le parcours qui avait été sécurisé pour emprunter une route de leur choix.  Le faisant, ils souhaitaient que les autorités utilisent la force pour les contraindre à respecter ce qui était convenu. Que nenni ! Quand Gbagbo arrive dans son QG, il évite de remercier les autorités et tous ceux qui ont œuvré à son retour. Il énonce plutôt qu’il est prêt pour le combat et galvanise ses militants dans ce sens. On le voit, Gbagbo est revenu avec un couteau entre les dents. Contrairement à ses allégations, il n’est pas venu pour la paix et la réconciliation. Les 10 années passées en prison ne l’ont point assagi. Au contraire, il est dans la logique du discours belliqueux qu’il a tenu à la veille de la présidentielle d’octobre 2020 depuis Bruxelles où il affirmait qu’après les élections, ce serait la catastrophe.  Gbagbo ne peut pas changer. Son discours sur la réconciliation n’est que du vent. Un homme qui est incapable de faire la réconciliation au sein de son parti et de sa famille peut-il réconcilier un pays ? Quelle réconciliation peut-il obtenir en ignorant royalement le chef de l’Etat, Alassane Ouattara qui incarne les institutions de la République ?  De toutes les façons, la République est là pour maintenir l’ordre et la discipline. La balle est dans son camp. Le temps du désordre est loin. Le pays le regarde.

SW

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