12 août 2019 - 12 août 2021 : 2 ans déjà que Arafat DJ a laissé "la Chine" sans président





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Houon Ange-Didier, de son nom d’artiste DJ Arafat, est décédé le 12 août 2019, dans un accident de moto, à Cocody-7ème tranche. Cela fait donc 2 ans, jour pour jour, que l’idole de la jeunesse a rendu l’âme. Dans toute la Côte d’Ivoire, et même au-delà, ses fans commémorent la date anniversaire de la mort de l’idole du couper-décaler. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’homme aura marqué sa génération aussi bien par son art que par les frasques et autres clashs.
Arafat DJ a vu le jour le 26 janvier 1986, dans la commune de Yopougon, à Abidjan, d’un père ingénieur de son, Houon Pierre, et d’une mère artiste-chanteuse, Tina Glamour. Au début des années 2000, celui qui sera plus tard considéré comme le roi du Couper-Décaler, se fait connaître par les noceurs Abidjanais au maquis Shangaï de Yopougon où il officie en tant que disc-jockey. Ses atalakus et ses mixages font de lui l’un des DJ les plus en vogue de la Rue princesse.
2003 marque un tournant décisif dans sa carrière musicale. Détecté par le producteur Roland Le binguiste, le fils de Tina Glamour entre en studio et sort son premier single, Hommage à Jonathan. Le succès est immédiatement au rendez-vous. Très sollicité, Arafat est convié à une tournée en France. Mais le jeune disc-jockey voit grand. De retour donc de l’Europe, il décide d’y retourner pour lancer sa carrière. C’est ce qu’il fait en 2005. Mais là, il s’y installe malgré l’expiration de son visa. Cinq ans plus tard, étant en situation irrégulière, il est arrêté par la police et passe un mois en centre de rétention administrative avant d’être rapatrié en Côte d’Ivoire.
Une fois au pays, le petit de Yopougon connaît des périodes difficiles. Très persévérant, il décide de relancer sa carrière en faisant un duo avec Debodo Leekunfa, son compère de l’époque. Le concept Kpangor qu’ils promeuvent ne tarde pas à être adopté par les mélomanes. S’en suivront d’autres titres, tous à succès : confirmation Kpangor, Lebede 2, 25 25 Arachide, Bouddha. En 2009, le duo remet le couvert avec Stéphane Sessegnon et Marie-Claude Sessegnon qui sont en fait des spots (ils y font les éloges de célébrités.).
Du début de sa carrière à 2019, Arafat DJ a sorti plus d’une dizaine d’albums et une vingtaine de singles qui ont fait de lui le maître incontesté du couper-décaler en Côte d’Ivoire et le plus grand promoteur de ce genre musical au plan international. Ce qui lui a valu des collaborations avec des artistes de renom tels que Fally Ipupa, Mokobé, Nasa, etc.
Arafat DJ, c’est aussi l’homme des clashs. Tout au long de sa carrière, il a eu maille à partir avec de nombreux artistes. Ces sorties sur les réseaux sociaux où ils s’attaquaient à ses collègues dans un langage cru, quelques fois en dessous de la ceinture, étaient diffusées pratiquement chaque semaine. Que ce soit Serge Beynaud, Jessy Matador, DJ Lewis, DJ Rodrigue, Ariel Sheney ou encore son ex-complice Debordo Leekunfa, personne n’a échappé aux clashs du président de la "Chine". Au point où à un moment, il a été considéré comme celui qui pourrissait l’atmosphère dans le milieu couper-décaler.
Yorobo s’identifiait aussi par les voitures de luxe, les grosses motos, la vitesse et bagarres en boîte. Il a été, à plusieurs reprises, mêlé à des scandales tels que la bastonnade de l’un de ses danseurs et de son ex-copine. On se souvient aussi de sa bagarre avec Debordo Leekunfa en boîte de nuit.
La vitesse et les parades faisaient parties des dadas de l’artiste. Ses compagnons et lui envahissaient par moments les rues d’Abidjan à bord de leurs bolides et/ou sur leurs grosses motos, à vive allure, faisant des figures qui, par moment, dérangeaient la circulation. Les bruits de leurs gros moteurs ne manquaient pas de pousser à bout les riverains dont certains ont eu recours à la force publique pour ramener Influamento et ses amis à l’ordre. Arafat était un fanatique des motos. Et c’est l’une d’elle qui l’a emmené dans la tombe un 12 août, jour de Tabaski, après qu’il ait percuté le véhicule d’une journaliste de la radio nationale. Plongeant ses fans dans l’émoi total. L’hommage qui lui a été rendu le 30 août 2019 au stade Félix Houphouët-Boigny, réunissant 35.000 personnes, de 10 h au lendemain à 7 h du matin, n’a pas suffi à ses fans qui ont profané sa tombe, le même jour de son enterrement, le 31 août 2019. Signe évident de leur douleur.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’au-delà de son côté bad-boy, Arafat DJ demeurera à jamais une icône de la jeunesse ivoirienne et africaine et le digne ambassadeur de la musique couper-décaler, née au début des années 2 000.

Modeste KONE

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