Retrait du terme "orientation sexuelle" de l’article 226 : Des homosexuels en colère s’expriment





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Le gouvernement ivoirien, après les observations du Parlement, a décidé de retirer l’expression confligène "orientation sexuelle" de l’article 226. Ce qui n’est pas du goût des homosexuels. Dans un communiqué de l’ONG Gromo, une organisation dont l’une des missions est la défense des droits fondamentaux des minorités sexuelles, dénonce cette "discrimination" et les propos qui ont entouré le retrait de cette expression.

COMMUNIQUÉ

ON NAÎT HÉTÉRO OU HOMOSEXUEL, ON NE CHOISIT PAS DE L’ÊTRE.

(L’orientation sexuelle doit être inclus dans l’article 226 sur la discrimination)

Loi sur la discrimination

La CÔTE D’IVOIRE, notre pays a proclamé son adhésion aux droits et libertés tels que définis dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 et dans la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de 1981 ; 

Dans la constitution ivoirienne concernant Les Libertés, Les Droits et Les Devoirs, l’article 1 stipule : "L’Etat de Côte d’Ivoire reconnaît les libertés, les droits et devoirs fondamentaux énoncés dans la présente Constitution et s’engage à prendre des mesures législatives ou réglementaires pour en assurer l’application effective".

Et l’on peut lire ce qui suit dans l’article 2 : 

La personne humaine est sacrée.

Les droits de la personne humaine sont inviolables. 

Tout individu a droit au respect de la dignité humaine et à la reconnaissance de sa personnalité juridique. 

Dans l’article 3 :

Le droit à la vie est inviolable. 

Dans l’article 4 :

 Tous les Ivoiriens naissent et demeurent libres et égaux en droit. 

Au vu de ce qui précède, cela ne devrait être donc pas surprenant qu’un projet de loi de révision du code pénal était en examen à l’assemblée nationale ivoirienne en lien avec l’orientation sexuelle que les sciences humaines et sociales définissent comme un mode durable d’attirance sexuelle.

A lire également : Projet de loi intégrant l’"orientation sexuelle" : Les Églises évangéliques et l’Église méthodiste prennent position

Ce texte concernait l’article 226. Il devrait mettre fin aux discriminations de tous types. Finalement, celles liées à l’orientation sexuelle ont été exclus suite aux réactions suscitées au sein des groupes parlementaires, de la société civile générale et des médias nationaux, au point où le Mardi 9 Novembre 2021, le groupe parlementaire EDS avait fait une déclaration sur ledit projet définissant l’orientation sexuelle comme la zoophilie et la pédophilie. Cette définition a été reprise par Maître BLESSY JEAN CHRISTOPHE, Député de BEOUMI, intervenant sur la question du genre et de l’homosexualité lors de la SÉANCE PLÉNIÈRE À L’ASSEMBLÉE NATIONALE, le mardi 30 NOVEMBRE 2021.

Sur la base de ces faits ;

Nous, ONG GROMO, légalement constitués selon les lois de ce pays avec pour vocation de contribuer à l’inclusion sociale et au bien-être des personnes issues de la population clé, sommes indignés par ces propos portant atteinte à notre communauté. 

Nous sommes indignés par ces propos qui portent atteinte au travail abattu par l’État de Côte d’Ivoire qui par des programmes de santé et de bien être fait des mains et des pieds pour garantir une certaine équité à tous les ivoiriens sans exception.

Nous sommes indignés par ces propos qui portent atteintes au travail abattu par toutes les organisations issues de notre communauté et des partenaires locaux et internationaux concernant la promotion de nos droits humains dans notre société. 

La pédophilie est punie par la loi, alors une personne ayant une orientation sexuelle différente de la vôtre est-elle pour vous un criminel en liberté ?

L’État de Côte d’Ivoire dans sa grande sagesse, n’évoquait à aucun moment dans ce projet de loi une quelconque légalisation de l’homosexualité. Il s’agissait plutôt d’équité et de justice sociale. Il s’agissait surtout de la prise en compte des Droits d’une minorité d’être humain comme vous ; vivant chez vous, avec vous et qui par manque de courage à s’exprimer est parfois contrainte à emprunter la voie du suicide. De manière simple, il s’agissait de faire comprendre que : 

- Si en tant que personne ayant une orientation sexuelle différente je suis exclu à un concours ; cela est une discrimination ! 

- Si en tant que personne ayant une orientation sexuelle différente je ne peux adhérer à un parti politique ou en créer ; cela est une discrimination ! 

- Si parce que mon employeur découvre que je suis personne ayant une orientation sexuelle différente il me licencie ; cela est une discrimination ! 

- Si parce que je suis une personne ayant une orientation sexuelle différente l’on me refuse un appartement à louer ou de résider dans un quartier ; cela est une discrimination ! 

- Si en tant que personne ayant une orientation sexuelle différente l’on me refuse l’accès à un Concert et d’exposer mes œuvres artistiques au MASA ; cela est une discrimination ! 

A lire également : Le gouvernement réitère sa ferme volonté de maintenir la loi sur le mariage en l’état

Alors que notre pays a proclamé son adhésion aux droits et libertés tels que définis dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 et dans la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de 1981 ; 

Alors que notre pays s’est engagé au travers des articles 1, 2, 3 et 4 de notre constitution à reconnaitre Les Libertés, Les Droits, Les Devoirs fondamentaux et le caractère sacrée de toute personne humaine vivant sur le territoire en lui promettant le respect, la protection et la promotion.

De ce fait cette révision de l’article 226 n’était que justice et équité pour toute personne ayant grandi avec une orientation sexuelle différente. Elle devait nous donner un espoir de vivre dans un environnement favorable contre toute discrimination.

Pour terminer, nous rappelons à chaque groupe parlementaire que les personnes ayant une orientation sexuelle différente font partie de vos électeurs ; elles font partie des acteurs du développement ivoirien ; elles font partie des acteurs de cette émergence ivoirienne ; elles font partie de vos familles ; elles font partie de cette diversité humaine qui définit notre magnifique nation.

NE L’OUBLIEZ PAS !!!

Vivons ensemble, Vivons heureux, Vivons 1

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