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A quel Ouattara faut-il croire ?

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«Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ».Ces propos sont de Jacques Chirac, un des chefs d’Etat les plus politiquement insaisissables et au pédigrée pas toujours propre de la 5ème République française. Ami, protégé et protecteur de nombreux dictateurs africains, Chirac savait jouer avec le verbe pour plaire quand bien même la pensée et les actes contredisaient ses propos.

 Il n’ignorait pas que « le discours de politique est un langage de commercial où l’on vous vend du rêve pour vous en faire votre idéal…un discours de promesses peu réalisables car le pouvoir est un engrenage où les convictions et les promesses s’envolent quand l’élu prend place ». Toute son action en Afrique envers certains régimes qu’il abhorrait et les opposants s’est déployée à l’aune de cette maxime sienne.

 

Jacques Chirac, aujourd’hui retraité et grabataire, aura cependant fait des émules dans l’espace francophone africaine. Sans doute pouvons-nous compter Alassane Ouattara au nombre des ces « Chirac boys ». Que doit-on retenir de la position de M. Ouattara concernant l’élection présidentielle d’octobre 2020 ? D’autant que cette position est illisible et ambiguë. Sera-t-il candidat ou ne le sera-t-il pas ? Il a promis, la main sur le cœur, qu’il ne se présentera pas en 2020 pour un 3ème mandat. C’était le lundi 16 juillet dernier, lors de l’Assemblée générale constitutive du parti unifié Rhdp.

 

 Devant plusieurs centaines voire plus d’un millier de ses partisans rassemblés au palis des congrès du Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan-Cocody, il a lancé ceci : « Nous devons travailler ensemble dans la paix et la cohésion pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération en 2020. Nous devons travailler le président Bédié et moi pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération ». Donc si l’on comprend bien Alassane Ouattara ne sera pas candidat en 2020. Soit. Mais alors peut-on interpréter les propos qu’il a tenus en juin dernier au cours de l’interview qu’il accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique.  Il avait fait clairement la déclaration suivante, écrite noir sur blanc : « La nouvelle Constitution m’autorise à faire deux mandats à partir de 2020. Je ne prendrai ma décision définitive qu’à ce moment-là, en fonction de la situation de la Côte d’Ivoire. La stabilité et la paix passent avant tout, y compris avant mes principes ».

 

La nouvelle Constitution ivoirienne promulguée en 2016 lui permet-t-elle effectivement de briguer 3,4 voire 5 mandats présidentiels ? Le débat divise la classe politique. Et même la société civile et les juristes. Dont deux, les universitaires Ouraga Obou et Cissé Bacongo, qui étaient impliqués dans la rédaction de cette Constitution à polémique, ne semblent pas épouser la même vision que le chef de l’Etat.

 

Au-delà de tout, la promesse faite par M. Ouattara, lundi dernier, à l’Hôtel Ivoire est perçue par certains observateurs comme « une promesse qui n’engage que ceux qui la reçoivent ».Convaincus qu’ils sont, que les propos de Ouattara visaient tout simplement à passer la pommade à Bédié, dans un contexte de relations tendues entre le Pdci et le Rdr. Pour le reste, mieux vaut être Saint Thomas et attendre 2020.

 

 

 

 

 

 

 

 

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