Flash Info

2018, l’année test pour 2020

2018, l’année test pour 2020

MON ÉDITO
NOTRE VOIE Réagir Ajouter à mon journal

C’est le Secrétaire exécutif en chef du Pdci-Rda, le professeur Maurice Kakou Guikahué, qui l’affirmait, le samedi 1er septembre 2018, à l’endroit des militants de son parti au cours d’une rencontre au siège local de ladite formation politique à Gagnoa. «Les élections de 2018 sont un test pour préparer 2020. Des individus veulent faire disparaître le parti du père-fondateur de la nation. Je suis totalement opposé à ce projet. Démontrez que Gagnoa ne veut pas la mort du Pdci-Rda», a-t-il  dit.

­­Pris dans le contexte des rivalités politiques fratricides entre Kakou Guikahué et Joachim Djédjé Bagnon, président sortant du Conseil régional du Goh, par ailleurs, candidat à sa propre succession au titre, cette fois-ci, du Rhdp parti unifié, coalition au pouvoir en relations heurtées avec le Pdci-Rda, ces propos de Guikahué sonnent uniquement comme une remobilisation des militants du Pdci pour faire face au nouvel « ennemi ». Le premier segment de la déclaration selon lequel « les élections de 2018 sont un test pour préparer 2020» ne pourrait être perçu qu’à travers ce prisme.

 

Alors qu’à l’aune de l’histoire tumultueuse de la vie politique et électorale ivoirienne des dix à vingt dernières années, ce segment syntaxique intercalé de deux années exprimées en chiffres (2018 et2020) pourrait donner lieu à d’autres interprétations. Les élections régionales et municipales du 13 octobre 2018 ne constituent pas seulement un test pour les électeurs et les formations politiques afin de jauger le véritable poids électoral des partis. Mais ces scrutins couplés constituent un test pour la transparence des élections, leur déroulement démocratique et la volonté des Ivoiriens d’aborder un nouveau virage. A savoir le renouvellement de la classe politique. En d’autres termes, permettre à de nouveaux leaders d’émerger. 

 

Les Ivoiriens ne veulent plus de la classe des Alassane Ouattara et autres en 2020 ? Ils devront le prouver maintenant en 2018 lors des élections municipales et régionales. La question est très simple : Comment espérer dire « non » pour Ouattara en 2020 si l’on est incapable de dire «non» à Gilbert Kafana Koné aux élections municipales de 2018 ?  Autre syllogisme : Pourquoi voudrait-on que Bédié prenne sa «retraite électorale» en 2020, donc qu’il ne soit pas candidat, si on est incapable de pousser à la «retraite» Kobenan Adjoumani qui est député PDCI dans le Gontougo depuis 1995 avant d’en devenir le président du conseil régional ? Le renouvellement de la classe politique ivoirienne avec l’émergence de nouveaux leaders, d’abord, au plan local, puis, au niveau national, doit voir son tempo donné en 2018.

 

Tout comme la transparence des élections. Trop de fraudes avérées ou subtiles ont émaillé les scrutins présidentiels de 2010 et de 2015. Les résultats on les connait et ils caractérisent l’échec du processus démocratique dans lequel s’est engagé le pays à partir de 1990.  Guerre postélectorale et score stalinien, tels sont ces dits résultats. 2020 ne doit plus offrir un si sombre tableau. 2018 apparaît pour ce faire comme une étape importante.

Les élections à venir se dérouleront-elles dans la quiétude et la démocratie ? La campagne électorale se fera-t-elle dans une atmosphère de saine émulation ? Chaque électeur pourra-t-il voter librement pour le candidat de son choix ?  Là réside également l’enjeu pour cette année électorale 2018. Il y a deux ans, la campagne des élections législatives a été marquée par des violences dans certaines localités. Celle des municipales et des régionales de 2018 qui s’ouvrira le vendredi 28 septembre à minuit pour se refermer le jeudi 11 octobre à la même heure connaîtra-t-elle un sort différent ? Nous en aurons le cœur net dans quelques jours. En tous cas, si la nouvelle commission électorale véritablement indépendante naît et devient et active avant le 13 octobre, alors on pourra cerner l’ampleur du test que constitue 2018 pour 2020.

 

Notez l' article

A lire également

Inscrivez-vous pour recevoir
notre newsletter

Société des Editeurs de Presse de Côte d'Ivoire
Abidjan-Adjamé
SICOGI, 80 logements, Bat. A, 2ème étage, Porte 6
Tél. : 20 38 42 00
04 BP 1947 Abidjan 04
Retrouvez-nous sur