Les Ivoiriens ont besoin d’une nouvelle offre sociale







Après 10 ans d’échec du régime Rhdp à développer une politique d’accès facile aux soins de santé, une éducation de qualité, le bien-être social…l’opposition ivoirienne est particulièrement attendue dans ces domaines.  

En 2010, les électeurs ont placé un grand espoir dans la gouvernance d’Alassane Ouattara. Des points clés des promesses faites par l’ancien DGA du FMI, candidat du RDR puis du Rhdp à l’élection présidentielle de 2010, ont fait rêver plus d’un. A savoir, la reconstruction d’une nation unie et démocratique, une justice indépendante et juste, mais surtout d’importants changements au plan social déclinés en 8 points dans le projet de société du RDR depuis 2000. « C'est un contrat que nous proposons de passer avec les Ivoiriennes et les Ivoiriens, la contrepartie juste et légitime de la confiance qu'ils nous témoigneront et de la délégation du pouvoir qu'ils nous donneront par leur vote. Ils sont au nombre de 8.

Ces 8 objectifs sont précis, ils sont réalistes, ils concernent tous nos concitoyens, qui pourront vérifier qu'ils seront atteints et ils engageront donc clairement notre responsabilité :

1.          L'eau potable collective gratuite sera amenée dans tous les vil­lages de plus de 100 habitants et dans tous les quartiers défavorisés de nos villes.

2. L'électricité, par le réseau traditionnel ou par la micro-génération dans les villages isolés si cela s'avère moins coûteux, pour éviter de pénaliser les régions les moins denses, atteindra tous les villages de plus de 500 habitants.

3. Les pistes rurales permettant d'accéder à tous les villages seront rendues viables en toutes saisons (par la construction de ponts modernes) et seront reprofilées au moins 1 fois par an.

4. Toutes les routes supportant un trafic de plus de 300 véhicules par jour seront bitumées. Jamais la construction d'une route ne sera décidée pour des raisons politiques.

5. Des écoles primaires et des centres de santé de base seront créés à moins de 5 km de chaque regroupement humain. Des collèges secondaires seront créés à moins de 50 km. Tous ces établissements seront dotés des personnels, des moyens matériels et des budgets nécessaires à leur bon fonctionnement.

6. Tous les enfants de moins de 15 ans seront scolarisés dans le secteur primaire et dans le premier cycle du secondaire avant 2005.

7. Les manuels scolaires seront gratuits pour les ménages disposant d'un revenu de moins de 50 000 Francs CFA/mois.

8. Les soins de base et les médicaments essentiels seront également gratuits pour ces ménages ». 

Aujourd’hui, l’on est loin de tout cela. La pauvreté et la précarité restent une réalité dans tout le pays. La misère des populations du Denguélé montrée tous les jours sur les réseaux sociaux par le jeune ‘’Walas le Satana’’ donne un aperçu de la galère que vit l’ivoirien lambda.   

Pourtant, les promesses de Ouattara concernant les soins de santé et l’école gratuits avaient particulièrement fait rêver. Sans oublier celle du million d’emplois en 5 ans, et surtout les logements sociaux. A l’instar de ce qu’il s’est passé au Brésil sous Lula da silva ou au Rwanda avec Paul Kagamé, des réformes et un travail de base structurels étaient nécessaires pour asseoir les bases de politiques révolutionnaires efficaces d’accès aux services de base pour le plus grand nombre d’habitants de ce pays. Ce travail a manqué sous Alassane Ouattara. Le successeur de Laurent Gbagbo s’est intéressé particulièrement à la réhabilitation et la construction d’infrastructures routières. L’objectif était de relancer l’économie et de la rendre dynamique. Cet objectif, il faut le reconnaître, a été atteint. En témoigne les taux de croissance économique exponentiels enregistrés de 2011 à 2020. Cependant, on a construit ces routes et ponts sur un vide social. Conséquence, le régime Rhdp est rattrapé par cette lacune. Après dix ans de stabilité, les Ivoiriens ont encore aujourd’hui des difficultés criantes d’accès aux soins de santé qui leur coûtent pourtant des fortunes au public, l’école n’est pas gratuite et la qualité de l’enseignement est décriée. Le projet des logements sociaux n’a pas connu de succès. Le coût de la vie n’a pas baissé non plus à l’image des loyers, des coûts de transport et des denrées de grande consommation. La Côte d’Ivoire a eu de nouvelles routes certes, mais les Ivoiriens attendent une meilleure offre en terme de politique sociale pour l’amélioration de leur quotidien. 

Cissé Sindou 

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